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Les mathématiques pour mieux vivre en société

Dernière mise à jour le 13 mars 2019

Le temps de partager réflexions et rêves, lors d’une après-midi consacrée aux mathématiques et à la société: avec Emmanuelle Giacometti (EPFL), Bruno Colbois (Université de Neuchâtel), Kathryn Hess Bellwald (EPFL), Cédric Villani (France, médaille Fields, Assemblée nationale), Jacques Dubochet (Lausanne, Unil, Prix Nobel) et Thierry Dias (HEP Vaud).

Le professeur Jacques Dubochet. Un prix Nobel en grande conversation avec les étudiants

Loin de faire fuir les foules, les maths ont fait florès. Car l’Aula des Cèdres était plein à craquer lorsque le Recteur de la HEP-Vaud, Guillaume Vanhulst, prit la parole pour accueillir les enseignants, étudiants, doctorants et le large public. «Bienvenue à tous ceux qui sont ici pour cet état des lieux et afin d’enrichir la pensée prospective sur le rôle des mathématiques, devenues si présentes dans les artefacts qui nous entourent.» Un débat animé avec humour et sensibilité par Thierry Dias, professeur de didactique (HEP Vaud).

Sur le modèle du débat scientifique, chacun prit la parole, écouta l’autre, échangea. A la tête de l’Espace des inventions de l’EPFL, la physicienne Emmanuelle Giacometti partagea ses impressions sur ce fameux sentiment d’incompétence face aux maths, ou lorsque les prédictions des élèves deviennent autoréalisatrices, persistant à l’âge adulte, des adultes qui reproduisent eux-mêmes le schéma. «Face aux blocages, il faut proposer plus d’expérimentations!»  

Pour le mathématicien Bruno Colbois (Université de Neuchâtel), l’enseignement universitaire a peu changé et les exercices des étudiants de 1e et de 2eannée ressemblent à ce que ce membre du Conseil suisse de la science a lui-même connu quand il était étudiant. «En revanche, les choses ont changé dans le secondaire, on ne pourrait plus aujourd’hui travailler avec les ouvrages d’André Delessert.» Le mathématicien a relevé que beaucoup de choses sont déjà faites pour le grand public.

Professeure de math et directrice du concours Euler à l’EPFL, Kathryn Hess Bellwald se devait de relever à quel point les étudiantes et les femmes professeur sont mal représentées. «Il y a deux ans, à une soirée d’information, une autre mère a demandé si les filles avaient le droit de prendre maths et physique en OS. Et surtout: si elles avaient des chances de réussir!» C’est dire s’il reste du travail pour que les portes des études en mathématiques ne se referment pas devant des jeunes filles qui auront été mal conseillées… 

L'Aula des Cèdres était pleine à craquer et l'ambiance à la fête de l'intelligence

Un écosystème autour de la classe

En vidéo conférence depuis l’Assemblée Nationale à Paris, le mathématicien (médaille Fields) et homme politique Cédric Villani a décortiqué la complexité des grandes attentes des gouvernement face aux filières de maths – et simultanément, les difficultés croissantes, un vrai décrochage, lorsqu’il faut motiver les étudiants et recruter des enseignants. Par ailleurs, le député propose de «faire travailler les enseignants ensemble pour mettre en perspective le rôle des maths dans notre histoire, notre culture et notre société». Et dans la mesure du possible «en faisant participer le plus de scientifiques, d’entreprises, de particulier, tout un écosystème à faire vivre autour de la salle de classe».

Un vent d’espoir ensuite, avec Jacques Dubochet, professeur (Unil) jusqu’en 2017 et prix Nobel de Chimie (cryo-microscopie électronique). «J’étais dyslexique et toléré au collège avant de me faire virer, parce que j’utilisais ce prétexte comme un oreiller de paresse.» Son parcours semble si simple. «J’ai eu de la chance, nous avons découvert quelque chose, puis développé une méthode. Nos résultats en chimie ont séduit les Suédois, mais je n’avais aucune compétence en chimie!», raconte en souriant le professeur, qui s’est reconverti depuis dans l’enseignement des maths aux migrants d’un foyer pour mineurs non accompagnés. Et appris a goûter la poésie. 

Son vœu le plus cher: «Que chaque élève puisse développer son bien-être, aussi bien en poésie qu’en mathématiques, ces capacités qui sont nécessaires à la vie harmonieuse dans une société. A vous de trouver la méthode pour y parvenir.» Ce qui résume bien l’esprit de ces 120 minutes d’échange et de magie, ce samedi 9 février 2019.

François Othenin-Girard

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